Où s'en vont les colibris l'hiver ? Le guide de leur migration au Québec
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Chaque année, le colibri à gorge rubis qui a passé l'été dans votre jardin s'apprête à faire l'un des voyages les plus exigeants du règne animal : un vol de plus de 3 000 km jusqu'en Amérique centrale, dont une traversée de près de 800 km au-dessus du golfe du Mexique — sans escale, sans se poser, sans manger. Un oiseau qui pèse à peine 3 grammes.
Voici ce qui se passe vraiment quand les colibris quittent le Québec, et comment reconnaître le bon moment pour les aider avant leur départ.
Un abreuvoir propre et bien placé aide les colibris à refaire le plein d'énergie — qu'ils soient de passage ou nicheurs dans votre secteur. Découvrez nos mangeoires à colibri →
Quand les colibris partent-ils du Québec ?
Le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris) est la seule espèce de colibri qu'on observe au Québec. Les mâles partent les premiers, généralement dès la mi-août, suivis des femelles et des jeunes de l'année tout au long du mois de septembre. La majorité des colibris ont quitté la province avant la mi-septembre, mais des retardataires peuvent encore traverser le Québec jusqu'à la fin septembre, voire début octobre — souvent des oiseaux qui nichent plus au nord et qui ne font que passer.
Contrairement à plusieurs espèces d'oiseaux, les colibris migrent seuls. Les jeunes ne suivent pas leurs parents : ils partent séparément, guidés uniquement par leur instinct.
Où s'en vont les colibris l'hiver ?
Leur destination : le sud du Mexique jusqu'au Panama, où ils passeront l'hiver avant de reprendre le chemin inverse au printemps. Pour s'y rendre, une grande partie des colibris à gorge rubis traverse le golfe du Mexique en vol direct — un vol de 18 à 22 heures sans arrêt au-dessus de l'eau. D'autres contournent le golfe par la côte du Texas. Dans les deux cas, l'oiseau doit faire le plein avant le départ : en se gavant d'insectes et d'araignées en plus du nectar, il peut passer d'environ 3,25 g à plus de 6 g en une seule semaine — une réserve de graisse presque doublée, indispensable à la traversée.
Un mythe à déboulonner : faut-il retirer l'abreuvoir trop tôt ?
Une croyance répandue veut qu'il faille retirer les abreuvoirs dès la fin août pour « forcer » les colibris à partir, de peur de les retenir trop longtemps. C'est faux. La disponibilité de nourriture ne semble pas être le déclencheur de la migration — on croit plutôt que la diminution des heures de clarté y joue un rôle clé. Laisser un abreuvoir propre et rempli n'a jamais retardé le départ d'un colibri en santé.
Au contraire, garder son abreuvoir actif une à deux semaines après avoir vu son dernier colibri de la saison peut littéralement sauver la vie d'un retardataire épuisé qui traverse votre région en route vers le sud.
Comment aider les colibris avant leur grand départ
- Gardez l'abreuvoir propre et le nectar frais (changez-le tous les 2 à 3 jours par temps chaud).
- Respectez le ratio classique : 1 partie de sucre pour 4 parties d'eau, sans colorant. Voir notre recette complète du nectar pour colibris →
- Ne retirez l'abreuvoir qu'une à deux semaines après votre dernière observation de la saison.
- Si vous avez des fleurs tubulaires (monarde, impatiente du Cap, sauge, lobélie cardinale, penstémon), laissez-les fleurir le plus longtemps possible — une source de nectar naturelle qui complète bien l'abreuvoir.
Le prochain colibri qui repartira vers le Mexique avec un peu plus de réserves grâce à votre jardin, c'est un colibri qui a de meilleures chances de faire le voyage.